Les carburants du futur : que mettra-t-on dans son réservoir demain ?

Le pétrole n'est pas éternel. Et l'Union européenne prévoit d'interdire la vente de voitures thermiques neuves en 2035, avec quelques exceptions. La question se pose donc : que mettra-t-on dans son réservoir demain ? Plusieurs carburants alternatifs existent déjà ou se préparent. Certains sont disponibles aujourd'hui, d'autres relèvent encore du pari. Tour d'horizon.

Le HVO100, le diesel qui verdit

C'est le carburant du futur le plus concret, car il est déjà là. Le HVO100 est un gazole fabriqué à partir d'huiles et de déchets, sans pétrole. Il est autorisé à la vente à la pompe en France depuis juillet 2024.

Son gros avantage : il fonctionne dans la plupart des moteurs diesel récents (Euro 6), sans aucune modification. Vérifiez tout de même l'homologation de votre constructeur. Le réseau grandit vite : on compte déjà plusieurs centaines de stations, notamment chez TotalEnergies et d'autres enseignes.

Côté prix, il reste un peu plus cher que le gazole classique : autour de 20 à 30 centimes de plus par litre. En échange, il réduit fortement les émissions de CO₂ sur l'ensemble de son cycle de vie.

Le superéthanol E85, l'alternative économique

Autre carburant déjà disponible, et de loin le moins cher : le superéthanol E85. Fabriqué en grande partie à partir de betterave et de céréales, il coûte souvent moitié moins cher que l'essence.

Il nécessite un boîtier de conversion homologué sur les voitures essence. Sa consommation est plus élevée, mais l'écart de prix reste avantageux. Nous l'avons détaillé dans notre guide E85 contre SP95.

Les e-fuels, le pari de l'après-2035

Les e-fuels, ou carburants de synthèse, sont fabriqués en combinant du CO₂ et de l'hydrogène produit à partir d'électricité. S'ils utilisent une énergie propre, ils peuvent être considérés comme neutres en carbone.

C'est sur eux que repose une exception importante. Selon franceinfo, l'Union européenne prévoit d'autoriser après 2035 les voitures thermiques neuves qui rouleront exclusivement à l'e-fuel.

Le hic, c'est le prix. Un litre d'e-fuel coûte aujourd'hui environ 6 euros hors taxes. La production reste quasi inexistante à grande échelle. À court terme, ces carburants seront donc réservés à des usages très spécifiques.

L'hydrogène, prometteur mais rare

La voiture à hydrogène ne rejette que de l'eau. Sur le papier, c'est idéal. En pratique, elle reste marginale.

Seuls quelques modèles sont commercialisés, comme la Toyota Mirai et la Hyundai Nexo, à des prix supérieurs à 70 000 €. Surtout, le réseau est très limité : la France ne compte qu'une quarantaine de stations, selon H2 Mobile, concentrées en Île-de-France et dans la vallée du Rhône. Résultat : l'hydrogène sert surtout des flottes professionnelles. L'objectif national vise 1 000 stations d'ici 2030.

Et l'électrique dans tout ça ?

La voiture électrique reste la grande favorite pour remplacer le thermique. Le réseau de recharge s'est densifié, y compris sur autoroute. Nous avons consacré un guide complet au long trajet en électrique et un autre à la question de passer à l'électrique.

Ce qu'il faut retenir

Il n'y aura pas un seul carburant du futur, mais plusieurs. Le HVO100 et l'E85 sont déjà disponibles. L'électrique se généralise. Les e-fuels et l'hydrogène restent des paris encore chers ou rares. La transition sera progressive, et les carburants cohabiteront longtemps.

En attendant, le nerf de la guerre reste le prix à la pompe. Quel que soit votre carburant, comparez les stations près de chez vous sur StationEssence et retrouvez tous nos guides carburant.